St-Onge : Montréal peut faire mieux… sauf peut-être Alexander et Philpot

Chroniques 19 août 2026Lecture: 4 min

Jean-St-OngeJean-St-Onge

MONTRÉAL – Les Alouettes sont au même point qu’en 2024. Ils arrivent à la mi-saison solidement installés au premier rang de la division Est avec une fiche de huit victoires et une défaite, et ils pourraient s’assurer d’une place en matchs éliminatoires dès la fin de semaine de la fête du Travail OK Pneus.

L’équipe de Jason Maas pourrait facilement avoir gagné ses neuf matchs, n’eut été d’une décision très serrée des officiels en prolongation à Edmonton.

Mais, si une fiche parfaite de 9-0 était atteignable, les Alouettes pourraient également avoir une fiche de 5-4, car six gains ont été acquis dans les trois dernières minutes de jeu et auraient facilement pu aller d’un côté comme de l’autre.

Il y a deux ans, après avoir gagné huit de leurs neuf premiers matchs, ils ont subi quatre revers en deuxième moitié de saison avant de s’incliner à domicile en finale de l’Est.

Les Alouettes n’ont pas l’intention de revivre le même scénario cette année.

Toute la semaine à l’entraînement, Jason Maas et ses joueurs ont rappelé qu’il y avait beaucoup de place à l’amélioration dans toutes les phases du jeu.

C’est certain que tout fonctionne bien du côté de l’attaque. Après avoir parlé de ses lectures qui laissent encore à désirer occasionnellement (selon lui), le quart-arrière David Alexander a cependant relevé un aspect intéressant.

« Il y a quelques séries limitées à deux jeux (« two and out ») qui arrivent à des moments inopportuns, ce qui nous empêche d’écouler le temps ou de permettre à la défense de se reposer. Ça peut sembler pointilleux, mais on dirait que ça arrive une fois par match quand on aurait pu mettre le match hors de portée et on ne l’a pas fait. »

Alexander peut se permettre d’être pointilleux, car il n’a absolument rien à se reprocher cette année. Avec le duo de receveurs composé de Tyson Philpot et Tyler Snead, l’attaque montréalaise atteint de nouveaux sommets.

Mon analyste à la radio, Luc Brodeur-Jourdain, m’en voudrait de ne pas souligner le travail de la ligne à l’attaque qui domine également. Les gros messieurs n’ont accordé que sept sacs cette saison, six de moins que toute autre équipe.

En plus, ils ont ouvert la route aux porteurs de ballon, si bien que le demi offensif Travis Theis présente des statistiques qui ressemblent à celles de Mike Pringle.

Il faut au moins remonter à 2011 pour voir les Alouettes avec une attaque aussi explosive. C’est la dernière fois que l’attaque des Oiseaux a aligné un passeur de 5000 verges, deux receveurs avec plus de 1000 verges sur des réceptions et un demi offensif qui avait aussi franchi le plateau des 1000 verges au sol.

Cette année-là, le receveur Jamel Richardson avait approché le record d’équipe avec 1777 verges sur des réceptions, et son partenaire S.J. Green en avait amassé 1147. Mais, en plus, le demi offensif Brandon Whitaker avait gagné 1381 verges au sol.

Naturellement, le quart-arrière Anthony Calvillo était le meneur de cette attaque. Il a fini la campagne avec 5251 verges par la passe, franchissant le cap des 5000 verges pour la sixième et avant-dernière fois de sa carrière.

Quand on pense aux meilleurs receveurs de l’histoire de l’équipe, le premier nom qu’on entend généralement est celui de Ben Cahoon, mais le petit numéro 86 était déjà en fin de carrière en 2011. Il a aligné huit saisons de plus de 1000 verges sur des réceptions de 2002 à 2009, et il a connu sa meilleure saison en 2003 (1561 verges, 13 touchés).

LA CHASSE AUX RECORDS

Si la tendance se maintient, comme ils disent lors des soirées électorales, Tyson Philpot finira la saison avec 2308 verges sur des réceptions, ce qui lui permettrait de battre le record de la LCF appartenant à Allen Pitts (2036 verges) depuis 1994.

Davis Alexander se contenterait d’établir un record d’équipe avec 6280 verges par la passe, éclipsant la marque d’Anthony Calvillo (6041 verges en 2003).

Même s’il parvenait à doubler sa performance des neuf premiers matchs, Tyler Snead devrait se contenter de 1880 verges, ce qui serait seulement la deuxième meilleure performance de l’histoire des Alouettes, puisque Hal Patterson avait accumulé 1914 verges en 1956.

Finalement, Travis Theis pourrait finir la campagne avec 1400 verges au sol, la meilleure performance d’un joueur des Alouettes depuis Mike Pringle en 2000. Ce serait « seulement » la septième meilleure récolte de l’histoire de l’équipe.

ET LES AUTRES UNITÉS DANS TOUT ÇA?

En début de saison, la défense des Alouettes encaissait de nombreux reproches sur les réseaux sociaux, même si l’équipe gagnait ses matchs. Depuis quelques semaines, elle a remonté la pente et se retrouve statistiquement au deuxième rang de la LCF.

Lors du plus récent match, contre Edmonton, la défense montréalaise a été plus qu’à la hauteur, même privée de quatre vétérans. En plus de montrer qu’elle était solide, l’unité de Noel Thorpe a démontré qu’elle avait beaucoup de profondeur.

Mais, il reste les unités spéciales.

Depuis quelques années, c’était un point fort de l’équipe. Présentement, c’est plus difficile.

Le botteur de précision Jose Maltos-Diaz fait le travail. Il présente un des meilleurs pourcentages de placements réussis de la Ligue, et le meilleur dans l’histoire de l’équipe.

Sur les bottés de dégagement, Joseph Zema a pratiquement la même moyenne que depuis son arrivée en poste, mais les unités de couverture ont alloué de longs retours, et les Alouettes se retrouvent au dernier rang pour la moyenne de verges nettes par dégagement, ce qui affecte le positionnement sur le terrain.

Bref, quand on a demandé aux Alouettes ce qu’ils devaient mieux faire en deuxième moitié de saison, les entraîneurs et les joueurs ont répondu de la même façon en nous disant qu’il y avait « plein de choses » à améliorer.

En vérité, s’ils peuvent simplement répéter ce qu’ils ont réussi en première moitié de saison, ils ont d’excellentes chances de se retrouver à Calgary le 15 novembre.

À moins que les fantômes de 2024 ne se pointent d’ici là…