Bourbonnais : Les Alouettes incarnent la fine ligne entre la confiance et l'arrogance

Chroniques 13 oct. 2026Lecture: 4 min

Renaud BourbonnaisRenaud Bourbonnais

L’édition 2026 des Alouettes de Montréal vient de compléter son calendrier régulier à domicile. Si vous êtes détenteur d'abonnements de saison sur la montagne, vous avez surement rapidement fait le calcul : vous n’avez assisté à aucune défaite de votre équipe cette saison. Pour la première fois depuis 2009, le stade Percival-Molson est un emblème d’invincibilité.

Ce n’est d’ailleurs pas la seule marque importante à la portée de la troupe de Jason Maas. Avec une victoire le 23 octobre prochain à Toronto, les Alouettes pourraient également compléter la campagne avec une fiche immaculée de 8-0 contre les équipes de l’Est. En 2009, l’équipe, qui était alors menée par Marc Trestman, n’avait perdu qu’un seul match contre ses rivaux de division. Un match à Winnipeg (les Blue Bombers étaient encore membres de la division Est à l’époque) avait été échappé. Je me souviens que plusieurs réservistes avaient obtenu ce départ, dont le quart-arrière Adrian McPherson.

Est-ce que les Montréalais pourront compléter le boulot cette fois? Comme le sort des équipes de l’Est est déjà déterminé, il n’est pas impossible qu’on envoie encore une pluie de réservistes débuter ce match… pour les deux équipes!

On a tous sursauté

Tout le monde a retenu son souffle lors du match de lundi entre les Alouettes et les Roughriders de la Saskatchewan. Je parle bien sûr des décisions téméraires de Davis Alexander. Non pas des passes audacieuses à haut risque d’interception, mais bien de ses courses improvisées. Dès le deuxième jeu offensif du match, il a décampé sur 40 verges avant de glisser au sol. Combien de personnes sur la galerie de presse ont lâché un « est-ce qu’il se tient la cuisse!? » après le jeu? À peu près tout le monde je dirais. Si, depuis le début de la saison, on voyait un Alexander qui tentait de limiter ses courses et qui voulait ménager ses ischiojambiers, c’est un autre homme qui s’est présenté au poste de quart-arrière lundi.

À plusieurs occasions, il a pris des décisions qui lui ont valu des collisions solides avec des adversaires. Dans un match important, ces jeux auraient été vus comme héroïques. Dans un match qui n’avait aucune valeur au classement pour l’équipe, à quelques semaines des éliminatoires, je me demande si tout cela était pertinent.

Il a terminé le match sur deux pattes. On prend un grand respire. C’est maintenant derrière nous.

Ne pas tenter le diable

La remarque est passée depuis plusieurs mois (voire depuis l’an dernier), mais les Alouettes sont extrêmement arrogants sur le terrain. Chaque match à domicile, certains joueurs profitent de la présentation des joueurs pour aller faire leurs « p’tits fendants » devant le banc de l’adversaire. Ça se poursuit pendant les rencontres. Ça parle beaucoup après les jeux et, la plupart du temps, tout cela reste impuni par la ligue. Je ne peux pas me cacher puisque je l’ai mentionné souvent cette saison : j’aime cette arrogance et je crois que la confiance dégagée par les joueurs leur donne un élan supplémentaire sur le terrain. Toutefois, je pense qu’à force de tenter le diable, quelqu’un va finir par se brûler.

Davis Alexander a tous les projecteurs sur lui et il est maintenant un joueur suffisamment implanté pour que sa réputation le suive aux quatre coins de la ligue. Toutefois, on le voit se faire aller les babines jeu après jeu. Quand est-ce que ce sera le commentaire de trop? On pourrait dire la même chose à la suite de la célébration de Tyson Philpot après son touché lundi, lorsqu’il a pointé les demis défensifs adverses qui n’avaient rien pu faire en couverture sur lui. Le geste n’a pas été puni, mais on a vu des mouchoirs sortir pour moins que ça par le passé. Soyez assuré d’une chose : aux États-Unis, les Alouettes seraient pénalisés pour conduite antisportive à tous les matchs sans exception. Je le rappelle : je suis personnellement pour les célébrations dites « excessives » et le jacassage sur le terrain, mais si la ligue décide d’envoyer un message et de pénaliser l’équipe dans un moment clé de la finale de l’Est ou de la coupe Grey, le coupable aura l’air d’un bouffon.