St-Onge : Être ou ne pas être reposé, telle est la question…
Jean-St-Onge
MONTRÉAL - Pour la deuxième fois en trois ans, les Alouettes ont été les premiers à se qualifier pour une finale.
Comme en 2024, ils joueront trois matchs sans incidence sur le classement avant une semaine de répit qui les mènera à la finale de l’est.
Il y a deux ans, cette période de relaxation avant la finale s’était peut-être révélée contre-productive et les Montréalais s’étaient inclinés devant les Argonauts.
Le quart partant des Alouettes, Cody Fajardo n’avait joué que deux demies de football dans les six semaines précédant la défaite.
Après la qualification du 28 septembre, l’équipe a eu sa dernière semaine de congé de la saison. Fajardo est rentré à la maison pour assister à la naissance de son deuxième enfant. Quand il est revenu à Montréal, il a partagé les deux derniers matchs avec Davis Alexander.
Fajardo n’a pas si mal joué en finale. Mais, l’ensemble de l’attaque des Alouettes avait manqué de rythme et avait commis cinq revirements.
Le quart montréalais a complété 27 de ses 42 passes pour 330 verges et 3 touchés. Il a cependant subi deux interceptions, dont une a été ramenée dans la zone des buts pour le premier touché du match.
Si la situation actuelle ressemble à celle de 2024, il y a tout de même des différences importantes.
Premièrement, l’organisation et de nombreux joueurs ont vécu l’expérience de 2024 et ils savent qu’on ne peut pas repartir la machine d’un seul coup. Il faut garder le moteur en marche.
Deuxièmement, Davis Alexander n’est pas devenu papa cette semaine et il devrait jouer le match au complet contre la Saskatchewan. Il jouera donc plus que deux demies en six semaines. L’unité offensive pourra ainsi rester unie autour de son général jusqu’à la fin de la saison.
Troisièmement, il n’y pas de semaine de congé supplémentaire avant de jouer les trois matchs. Tout le monde rentre au bureau quotidiennement et reste dans l’esprit compétitif de la fin de saison.
Quatrièmement, même s’ils n’ont pas d’incidence sur le classement, les matchs ne sont pas sans enjeux. En l’emportant contre la Saskatchewan, les Alouettes couronneraient la deuxième saison parfaite à domicile de leur histoire, la première depuis 2009.
Finalement, plusieurs joueurs peuvent atteindre des sommets personnels ou même inscrire leurs noms dans le livre des records de l’équipe ou de la ligue. Ils ont donc des incitatifs à garder la pédale au plancher.
Quand on leur pose la question “shakespearienne”: “Être ou ne pas être reposé” ? La plupart des joueurs répondent qu’ils préfèrent jouer.
C’est certainement le cas du Shakespeare des Alouettes, le numéro 22, Shakespeare Louis qui se démarque de plus en plus sur les unités spéciales.
Une forteresse en construction
Quand ils sont revenus dans la Ligue en 1996, les Alouettes ont bâti une véritable forteresse à domicile.
À leurs dix premières saisons, ils ont maintenu une moyenne de ,777 à domicile et n’ont jamais perdu plus de trois matchs à Montréal, que ce soit dans un stade olympique vide ou un stade Percival-Molson rempli.
Il a fallu quand même attendre 2009 pour voir l’escadron montréalais réussir une saison parfaite de 9-0 à domicile pour la première fois de son histoire.
Si l’équipe a repris du galon avec l’arrivée du tandem Maciocia-Maas, les succès à domicile ont tardé à suivre. En cinq saisons, les Alouettes ont présenté une fiche plutôt ordinaire de 22 victoires contre 21 revers.
Cette année, ils ont l’occasion de répéter l’exploit de 2009 et de compléter une saison parfaite pour la deuxième fois seulement de leur histoire.
(Ils avaient bien gagné leurs sept matchs à domicile en 1954, mais la Ligue canadienne n’existait pas vraiment. Les Alouettes évoluaient alors dans l’IRFU ou, si vous préférez, la Interprovincial Rugby Football Union.)
La saison de la chasse aux records (suite)
Tyson Philpot a donné le ton à la saison de la chasse en établissant ses trois records samedi dernier contre Winnipeg.
Mais, il n’a pas encore fini sa conquête du livre des records. Naturellement, il pourra ajouter à ses marques du plus grand nombre d’attrapés et de verges gagnées pour un receveur canadien au cours des trois prochains matchs, mais aussi:
Il a besoin de 304 verges pour battre le record absolu du plus grande nombre de verges par un receveur dans la LCF, qui appartient à Allen Pitts depuis 1994.
Il est à 265 verges du plateau de 2000 verges
Il lui manque 180 verges pour éclipser le record des Alouettes, qui appartient à Hal Patterson depuis 1956.
Avec 8 passes captées, il se retrouverait avec 127, au 2e rang de l’histoire derrière l'inatteignable, Derrell Mitchell qui avait attrapé 160 ballons avec Toronto en 1998.
En compagnie de Tyler Snead, Philpot pourrait aussi faire partie du duo le plus productif en une saison. Les receveurs montréalais ont besoin d’un total de 214 verges pour éclipser le duo de Adarius Bowman et Derel Walker qui avaient cumulé 3,350 verges de gains aériens avec Edmonton en 2016.
Finalement, les Alouettes ont besoin de 76 points en trois matchs pour établir un record d’équipe pour le plus grand nombre de points une saison. Leur record de 610 points remonte à 2008.
J’espère que les partisans se rendent comptent que c’est une saison vraiment exceptionnelle que les Alouettes vivent cette année.