Galli : Les Alouettes, comme en 2009

Minas Panagiotakis/LCF.ca
MONTRÉAL – J’aime le stade Percival-Molson au printemps, et j’aime le stade Percival-Molson l’été, mais c’est réellement à l’automne que la vénérable enceinte nous offre sa magie.
Oui, le stade grince, craque et met à l’épreuve les fessiers des partisans, mais lorsque l’automne arrive, que le Mont-Royal revêt ses plus belles couleurs, et que la météo permet de porter un coton ouaté même s’il fait soleil, il n’y a pas de meilleurs endroits pour passer un après-midi ou une soirée.
On a encore eu la preuve lors des deux derniers matchs à domicile de la saison des Alouettes au cours des dernières semaines. Deux adversaires de l’Ouest affamés. Deux victoires des locaux. Deux salles combles au stade. Et une ambiance électrique du début à la fin.
C’était le point d’exclamation d’une saison parfaite pour les Alouettes dans leur « nid d’oiseau », comme les joueurs l’on surnommé, alors que les Montréalais ont offert neuf victoires en autant d’occasions à leurs partisans.
Vous l’avez surement entendu, mais la dernière fois que cet exploit est survenu remonte à 2009, en plein cœur de ce que plusieurs considèrent comme l’âge d’or des Alouettes. Comme on dit que le passé est garant du futur, j’ai décidé de fouiller dans les livres d’histoire pour voir ce que cette saison 2009 pouvait nous révéler sur les Alouettes de 2026.
Et j’ai réalisé qu’il y avait plus d’une similitude entre les deux campagnes!
Outre d’avoir en commun une saison parfaite à domicile, les deux formations affichaient aussi des fiches de 13-3 après 16 matchs. Alors que, cette année, l’équipe a affiché ce dossier après la victoire lors de la fin de semaine de l’Action de grâce Mobil, la fiche avait été atteinte le 24 octobre, après une défaite 41-24 contre les Blue Bombers, en 2009.
Les Alouettes de 2026 iront conclure leur calendrier régulier à Toronto lors de la semaine 21, exactement comme en 2009. Et lors des deux saisons, le match n’avait aucune implication au classement.
En 2009, les Argos étaient toutefois éliminés des éliminatoires au moment du duel. Tandis que, cette année, l’affrontement pourrait être un aperçu de la finale de l’Est du samedi 7 novembre à 15 h HE. Il sera donc intéressant de voir comment les Alouettes et les Argos vont approcher la rencontre du 23 octobre.
On se souvient tous que les Alouettes avaient fini par remporter la Coupe Grey en 2009, après le célèbre incident du 13e joueur des Roughriders et du placement raté de Damon Duval. Les plus fins se rappelleront que ce match d’anthologie avait été disputé à Calgary, ville qui se prépare à accueillir la 113e Coupe Grey dans un mois!
Le chapitre le plus important demeure encore à écrire pour les Alouettes de 2026, mais disons que, 17 ans plus tard, l’Histoire semble vouloir se réécrire.
UN MEA CULPA POUR TYSON PHILPOT
Le 2 juin dernier, avant le premier match de la saison des Alouettes, j’ai écrit une chronique intitulée « Qui est le vrai Tyson Philpot ». Dans ce texte – qui a vieilli comme une pinte de lait laissée sur le comptoir – je remettais en question le statut de joueur vedette de Tyson Philpot. Souvent blessé au cours des dernières saisons, j’argumentais que ce statut lui avait été conféré en fonction non de ses accomplissements sur le terrain, mais en raison du grand potentiel qu’on lui promettait.
Voici quelques extraits :
« Oui, il est dominant quand il joue. Mais il n’a pas disputé plus de 13 matchs en une saison depuis 2023, et il n’a jamais atteint la barre des 1000 verges sur des réceptions. »
« Est-il le receveur étoile qui flirte avec le top-5 des meilleurs joueurs à sa position? Ou est-il un joueur rempli de promesse, mais qui passe trop de temps sur la liste des blessés pour les réaliser? »
Ouch…
Je profite donc de se moment pour présenter mon mea culpa à Tyson. Match après match, il a piétiné ma chronique jusqu’à la réduire en bouillie. Cette saison, il n’est pas seulement un joueur qui « flirte avec le top-5 » à sa position, il est de loin le meilleur receveur de la LCF, et il connait la meilleure saison de l’histoire de la Ligue pour un receveur canadien.
Avec deux matchs à jouer, Philpot est à 196 verges sur des réceptions du record d’équipe des Alouettes (1914), établi en 1956 par Hal Patterson. La seule chose qui pourrait freiner le receveur sera son temps d’utilisation, alors que l’état-major voudra sans doute ménager son effectif avant les éliminatoires.