St-Onge : Meilleure chance l’an prochain Tyson!
Jean-St-Onge
MONTRÉAL – Tyson Philpot a établi trois records cette année, mais le couronnement hâtif des Alouettes lui en aura probablement coûté quelques autres.
Philpot n’aura pas revêtu l’uniforme lors des deux derniers matchs de l’équipe, question de le reposer et de ne pas l’exposer aux risques de blessure.
Sa saison va donc s’arrêter à 227 verges sur des réceptions du record de la Ligue canadienne de football (LCF), à 191 verges du cap des 2000 et à 105 du record chez les Alouettes.
Philpot et son comparse Tyler Snead n’étaient qu’à 67 verges de devenir le duo le plus productif pour une saison dans l’histoire de la LCF.
Le numéro 6 se « contentera » des records pour le plus grand nombre d’attrapés en une saison pour un joueur canadien et pour un joueur des Alouettes (124). Il a aussi battu le vieux record de Terry Evanshen pour le plus grand nombre de verges sur des réceptions en une saison pour un receveur canadien.
Il n’y a pas de science exacte pour décider qui doit jouer et qui doit se reposer à l’approche des matchs éliminatoires.
Étant donné que les Alouettes avaient peu de temps entre les deux derniers matchs de la saison et que ces rencontres étaient ponctuées de déplacement en avion, ils ont choisi de donner congé à leur premier trio en attaque : Davis Alexander, Tyler Snead et Philpot.
Après avoir perdu les services de trois joueurs en Saskatchewan quand Dylan Wynn, Faion Hicks et Jose Maltos-Diaz sont tombés au combat dans un match sans enjeu, on peut comprendre les Alouettes de redoubler de prudence.
Surtout que les Argonauts vont envoyer dans la mêlée une dizaine de joueurs qui feront leurs débuts cette saison et qui n’ont absolument rien à perdre.
C’est prudent… mais c’est un peu plate de rater un rendez-vous avec l’histoire!
Imaginez si les Canadiens avaient donné congé à Cole Caufield avant son 50e but de la saison pour le protéger à l’approche des séries éliminatoires…
LA SAISON DES CLICHÉS
Si vous demandez à un entraîneur de football quelle est la clé pour gagner le prochain match, il y a de bonnes chances qu’il vous donne la même réponse, peu importe l’adversaire : « Protéger le ballon et gagner la guerre des tranchées ».
Ce sont peut-être des clichés, mais ils semblent s'avérer d'année en année. Protéger le ballon, établir le jeu au sol et mettre de la pression sur le quart adverse semblent toujours être un gage de succès.
Les Alouettes et les Elks ont remporté leur division et se font la lutte dans plusieurs sections de la page des statistiques.
Quand on jette un coup d'œil à la protection du ballon, les Alouettes sont au premier rang, le club n’ayant commis que 22 revirements en 17 matchs. Là-dessus, Tyler Snead a lancé une interception et l’attaque a été stoppée six fois en situation de troisième essai avec moins de deux verges à gagner. Donc, personne n’a été meilleur que les Alouettes pour protéger le ballon.

Colby Spence/LCF.ca
Les Elks sont troisièmes quand on regarde le nombre de fois qu’ils ont donné le ballon à l’adversaire, mais ils ont largement compensé en provoquant 51 revirements, soit neuf de plus que tout autre adversaire en 2026.
Bref, les deux champions de division sont aussi les champions en protection du ballon.
Pour ce qui est de la guerre des tranchées, il y a plusieurs façons de la mesurer.
Les sacs sont les premières statistiques qui nous viennent en tête.
Les Alouettes en ont accordé sept de moins que toute autre équipe. En plus, deux de ces sacs ont été subis par Dustin Crum. Si Davis Alexander avait joué, il les aurait peut-être évités.
(En passant, mon analyste à la radio, Luc Brodeur-Jourdain, aurait probablement insisté pour dire que les sacs ne sont pas toujours la responsabilité de la ligne offensive. Le quart doit faire sa part…)
Mais, si les Alouettes ont bien protégé leurs quarts, ils ont eu moins de succès dans la colonne statistique opposée. Ils ont subi seulement 17 sacs, mais ils n’ont rejoint le quart adverse que 25 fois.
Les Elks sont troisièmes dans les deux catégories. Ils ont réussi 36 sacs et en ont subi 28.
Bref, les deux équipes ont le même ratio, ayant réussi 8 sacs de plus qu’ils en ont subi.
Les Alouettes se défendent souvent en disant que la pression ne se transforme pas toujours en sacs, mais ils n’ont pas fait mieux sur la pression en général, se contentant du septième rang de la Ligue pour le nombre de fois où ils ont forcé le quart adverse à décocher sa passe à la hâte et pour le nombre de fois où ils l’ont frappé au même moment.
Regardons d’autres statistiques qui peuvent illustrer la guerre des tranchées.
Le jeu au sol. Les Elk dominent avec une moyenne de plus de 126 verges par match et ils sont troisièmes contre la course.
Malgré le jeu de la chaise musicale dû aux blessures à la position de de demi offensif, les Alouettes sont quand même quatrièmes au sol et quatrièmes contre la course.
C’est donc un léger avantage pour Edmonton.
Certains diront que la guerre des tranchées peut aussi être quantifiée par la performance des équipes en situation de courts gains. De ce côté, l’avantage est encore plus marqué pour les Elks. Edmonton n’a raté son coup que trois fois, tandis que les Alouettes ont été stoppés six fois.
Et quand vient le temps de stopper l’adversaire sur un court gain, les Alouettes sont deuxièmes… Derrière les Elks !
Puisque le thème de la semaine était la vérification des clichés du football, on peut terminer avec celui qui ne connaîtra sa conclusion que le 15 novembre : « l’attaque remplit les stades et la défense gagne les championnats ».
Les Alouettes vont avoir joué devant des salles combles à leurs trois derniers matchs, incluant la finale de l’Est, tandis que les Elks vont finir la saison avec la meilleure défense de la Ligue.
Cependant, tous ces adages pourraient être renversés par un autre : « Il faut arriver en éliminatoires avec le momentum ».
Dans ce cas, méfiez-vous des Lions, qui ont été les meilleurs depuis le début du mois d’août.
La vérification de tous les clichés sera complétée lors du match de la 113e Coupe Grey, à Calgary, le dimanche 15 novembre.