Coup d’œil au parcours de chaque club participant aux demi-finales de division lors de la dernière ligne droite vers les éliminatoires

Minas Panagiotakis/LCF.ca
TORONTO – Dans la Ligue canadienne de football (LCF), on dit souvent que les équipes qui affichent la meilleure forme lors de la dernière ligne droite sont celles qui ont le plus de chances de connaître du succès lors des éliminatoires.
Est-ce vrai?
Au cours des cinq dernières campagnes, une seule équipe a affiché un bilan inférieur à 0,500 durant la dernière ligne droite de la saison : les Roughriders de la Saskatchewan, l’an dernier, qui ont cumulé une fiche de 2-4 lors de leurs six derniers matchs. Cela dit, ils avaient entamé la saison avec une fiche de 10-2, grâce, notamment, à la meilleure défense de la Ligue.
Rappelons toutefois à quel point les Roughriders sont passés près de rater le match de la 112e Coupe Grey! Les Lions de la Colombie-Britannique ont failli les éliminer, mais ils ont réussi une superbe série de jeux en fin de match pour remporter la finale de l’Ouest. L’an dernier, les Lions abordaient les éliminatoires en ayant remporté leurs cinq derniers matchs.
Auparavant, les Argonauts (en 2024 et en 2022), les Alouettes (en 2023) et les Blue Bombers (en 2021) figuraient parmi les meilleures formations durant la seconde moitié de la saison.
Par ailleurs, quatre des cinq derniers duels lors du match de la Coupe Grey ont mis en scène au moins une équipe ayant disputé la demi-finale de division, laquelle a ensuite créé la surprise en battant le champion de la division en saison régulière la semaine suivante.
Voici donc un aperçu de la forme affichée par les quatre équipes en lice en fin de semaine à l’aube du premier tour des éliminatoires de la 113e Coupe Grey.
BLUE BOMBERS DE WINNIPEG
Winnipeg a terminé la saison avec une fiche de 9-9.
La dernière ligne droite n’a pas été très glorieuse pour les Blue Bombers. Pour se qualifier pour les éliminatoires, ils ont dû compter sur un héros inattendu : le quart-arrière Dru Brown, qui a permis à l’équipe de battre des Lions, qui avaient pourtant décidé de reposer leurs partants pour la rencontre. Il était pour le moins surprenant de les voir tirer de l’arrière 10-3 en deuxième demie de la partie de vendredi dernier, alors que leur saison était en jeu.
Il suffit d’observer l’alternance entre les victoires et les défaites durant la deuxième moitié de la saison pour constater leur manque de constance : V-D-V-D-V-D-D-V-D-V.
Le sort de l’équipe semblait changer chaque semaine.
L’amélioration la plus notable chez les Blue Bombers a été une plus grande dépendance envers le demi offensif Brady Oliveira. Après n’avoir franchi le cap des 100 verges au sol qu’une seule fois lors des six premiers matchs de son équipe en 2026, Oliveira a réussi cet exploit à sept reprises au cours des 12 dernières rencontres.
La défense des Blue Bombers a également connu une légère progression en seconde moitié de saison. Septième du circuit à la mi-saison, la formation manitobaine a réussi à se hisser jusqu’au quatrième rang, avant de terminer à égalité au cinquième rang avec les Roughriders de la Saskatchewan.
Si l’on évalue la forme actuelle des Blue Bombers à l’aube des éliminatoires, on pourrait dire qu’ils sont… tièdes.
ARGONAUTS DE TORONTO
Avant de nous pencher sur les Argonauts, rappelons que Chad Kelly a été blessé lors de la défaite de la formation torontoise contre le ROUGE et NOIR d’Ottawa lors de la semaine 20, et que ni lui ni Nick Arbuckle n’ont pris part au dernier match de saison régulière de leur équipe, un revers aux mains des Alouettes de Montréal.
Intéressons-nous maintenant au parcours des Argonauts entre les semaines 10 et 18. Pourquoi? C’est à ce moment-là que le calendrier de Toronto s’est équilibré, avec des matchs à domicile au BMO Field, après un début de saison marqué par un bilan de 3-4 et une série de sept rencontres disputées à l’étranger en raison de la Coupe du monde de la FIFA.
Dans les circonstances, un bilan de 3-4 en début de saison n’est d’ailleurs pas si mauvais.
Mais, au retour de leur semaine de congé lors de la semaine 10, les Argonauts ont enchaîné quatre victoires au BMO Field. Cette séquence s’inscrit dans une série plus large de quatre victoires, enregistrées entre les semaines 14 et 17.
Certes, les Argonauts ont perdu leurs trois derniers matchs avant les éliminatoires, mais Kelly n’a effectué aucune passe lors de ces rencontres.
Lorsqu’il était aux commandes de l’attaque en deuxième moitié de saison, les Argonauts ont affiché un bilan de 6-2. La dernière victoire des Argonauts remonte à plus d’un mois : un match spectaculaire remporté 30-28 à Winnipeg.
Quant à leur forme à l’approche des éliminatoires, on peut dire qu’elle est plutôt mitigée – bien qu’elle soit nettement meilleure si l’on fait abstraction des trois matchs disputés sans Kelly.
ROUGHRIDERS DE LA SASKATCHEWAN
Après 10 semaines, les Roughriders affichaient un bilan impressionnant de 6-2 et occupaient le premier rang de la division Ouest. Ils possédaient la deuxième meilleure défense de la LCF, et le quart-arrière Trevor Harris affichait un ratio de 19 passes de touché pour 7 interceptions.
Disons simplement que la seconde moitié de la saison, en Saskatchewan, ne s’est pas déroulée comme prévu.
L’attaque des Roughriders a commencé à perdre de son lustre, tout comme leur défense, le club affichant alors un bilan de 4-6.
Le dernier tiers de la saison des Roughriders a été marqué par une série de quatre défaites, ainsi que par deux victoires peu convaincantes : l’une face à des Alouettes privés de Davis Alexander, et l’autre contre des Elks dépourvus de Cody Fajardo – un match durant lequel Trevor Harris a d’ailleurs été laissé de côté.
La défense des Roughriders a glissé du deuxième rang de la Ligue pour se retrouver à égalité au cinquième rang en fin de saison. Par ailleurs, après un début de saison flamboyant, Harris a connu une fin de parcours plus laborieuse : lors de ses neuf dernières rencontres, son ratio de 19 passes de touché pour sept interceptions s’est transformé en 13 passes de touché pour huit interceptions.
Un autre signe des difficultés rencontrées par les Roughriders concerne leurs incursions dans la zone payante. Le quart-arrière substitut Tommy Stevens, par exemple, avait inscrit 15 touchés au cours des 12 premiers matchs de la saison, mais il n’a plus atteint la zone des buts avant le dernier match de la saison régulière, où il a inscrit deux touchés.
Après 12 matchs, les Roughriders dominaient la Ligue avec 47 incursions dans la zone rouge, totalisant également 35 touchés depuis cette zone – un sommet dans la LCF.
Lors de leurs six derniers matchs de la saison, les Roughriders n’ont atteint la zone rouge qu’à 14 reprises, pour un total de neuf touchés. En somme, leur efficacité dans la zone rouge a été réduite de moitié.
Si nous devions évaluer la forme actuelle de l’équipe à l’aube des éliminatoires, les Roughriders sont sans conteste l’équipe la moins en forme.
LIONS DE LA COLOMBIE-BRITANNIQUE
Nous avons amorcé cette chronique avec un cliché, alors pourquoi ne pas terminer avec un autre?
Nous avons gardé le meilleur pour la fin.
Les Lions sont en PLEINE forme.
Bien sûr, ils ont perdu leurs deux derniers matchs de la saison, mais le quart-arrière Nathan Rourke a joué la moitié de l’un des matchs et l’équipe était à égalité 13-13 contre une équipe désespérée des Stampeders de Calgary lorsqu'il a été retiré du match.
Regardons les 10 matchs précédents avant ces deux défaites. Les Lions avaient une fiche de 9-1.
Comme les Argonauts, les Lions étaient une équipe sans domicile au cours du premier tiers de la campagne, et Rourke a eu du mal à se mettre en marche en début de saison, tout comme ses coéquipiers en défense. Rourke avait lancé cinq passes de touché contre quatre interceptions, et la défense des Lions était classée presque au dernier rang du circuit, au cours d’un début de saison de 1-5.
Puis, tout a basculé.
Rourke a lancé 19 passes de touché contre seulement sept interceptions, le demi offensif Zander Horvath est devenu une machine à marquer des touchés, et la défense des Lions est passée du bas du classement au deuxième rang du circuit.
En fait, toutes les statistiques importantes que vous pouvez consulter placeront les Lions au sommet ou près du sommet de la Ligue au cours des 13 dernières semaines de la saison.
Partisans des Lions, vous pouvez être assez optimistes à l’approche des éliminatoires de la 113e Coupe Grey. Surtout lorsque vous comparez vos favoris par rapport aux trois autres clubs qui participeront aux demi-finales de division en fin de semaine.