
EDMONTON – Quand on compare les statistiques du botteur Vincent Blanchard lors de sa première saison complète dans la LCF, en 2025, à celles cette année, c’est la nuit et le jour.
L’an dernier, son taux de réussite lors de placements était en de 77,8 %, au septième rang de la LCF à ce chapitre. Cette année, il réussit actuellement 96 % de ses placements, au deuxième rang du circuit, et il détient le plus long placement réussi de la saison (57 verges).
Alors que lui et ses coéquipiers des Elks d’Edmonton s’amènent à Montréal pour y affronter les Alouettes, samedi après-midi, LCF.ca s’est entretenu avec l’ancien du Rouge et Or de l’Université Laval pour revenir sur son excellent début de saison et parler du duel à venir.
« C’est l’expérience, le fait d’avoir pu jouer une saison complète », explique d’entrée de jeu Blanchard. « D’avoir joué 18 matchs, d’avoir joué dans tous les stades. De connaitre mieux les environnements, ça m’a beaucoup aidé cette année. »
À l’image de Blanchard, les Elks connaissent aussi une très bonne saison, la première depuis longtemps. Avec le quart-arrière Cody Fajardo à la barre de l’attaque, l’équipe pointe actuellement au premier rang dans l’Ouest avec une fiche de 6-2, deux points devant les Roughriders de la Saskatchewan.
Il y a deux semaines, Blanchard a réussi le placement le plus important de sa jeune carrière contre ces Riders. Alors que la marque était de 34-33 en faveur de la Saskatchewan avec huit secondes à faire au match, le botteur s’est amené sur le terrain pour s’élancer sur une distance de 57 verges, la victoire au bout du pied. Malgré la foule bruyante et toute la pression sur ses épaules, il a envoyé le ballon directement entre les deux poteaux, donnant la victoire à son équipe.
« Je voyais que l’attaque remontait le ballon. Je savais que la situation où j’allais aller sur le terrain était possible. J’essayais d’être dans ma zone, de rester calme. J’étais excité d’avoir cette chance-là; ça arrive quand même rarement. »
Même s’il était confiant sur le moment, Blanchard n’avait jamais tenté un placement de cette distance. Jusque-là, son sommet personnel était de 52 verges.
« Tu essaies de faire le vide, de ne pas penser à grand-chose. Tu veux rester lousse et faire confiance à ta technique. C’était un super sentiment de sentir que tu as fait ton boulot. C’était agréable de voir l’excitation de tout le monde; les joueurs et les entraineurs étaient vraiment contents. »
« Mais dans ma tête, je suis déjà passé à autre chose », a rapidement ajouté Blanchard. « On est juste à la moitié de la saison, et il reste beaucoup de bottés à faire, beaucoup de choses à prouver. Par rapport à ça, c’est le temps de tourner la page. »
Les choses bougent effectivement vite dans la LCF et, la semaine dernière, les Elks se sont cette fois-ci inclinés 28-26 face aux Riders. Malgré l’amertume de cette plus récente défaite, la série aller-retour contre les champions en titre a confirmé aux Elks qu’ils avaient les moyens de leurs ambitions.
« Ça nous prouve qu’on peut se battre contre n’importe qui. On est une équipe très complète; il faut juste jouer à la hauteur de notre talent. Il faut juste travailler certains trucs, dont réduire les pénalités. Cette année, tout le monde est souriant, l’ambiance est bonne. Tout le monde pousse dans la même direction et croit qu’on peut aller loin cette année. »
C’est donc dans un bon état d’esprit que les Elks s’amènent à Montréal pour y disputer un match qui opposera les meneurs des divisions Est et Ouest, et les deux premières équipes de l’État des forces AMSOIL.
« C’est sûr que ça va être un excellent défi, Montréal est une excellente équipe dans les trois phases de jeu. Ça va être un match très excitant, comme les deux derniers contre la Saskatchewan. Ça va revenir à qui veut la victoire le plus et qui reste le plus concentré. »
Parlant de concentration, Blanchard aura plusieurs membres de sa famille et de ses amis qui viendront le voir jouer, samedi après-midi. Dans un rôle qui nécessite autant d’être sa « zone », comment Blanchard compose-t-il avec le fait d’avoir ses proches dans les gradins?
« Je dirais que l’an dernier (NDLR : la première fois qu’il a joué à Montréal), ça ajoutait une pression supplémentaire, mais cette année je ne penserais pas. Je me sens plus dans ma zone, plus confortable quand je suis sur le terrain. L’an passé, pour être honnête, je pensais à ça. L’expérience fait en sorte que tu grandis, et, cette saison, ce n’est pas quelque chose qui va me passer par la tête. »
